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« En vérité, celui-ci est le plus beau livre du monde. » Miguel de Cervantès Saavedra, Don Quichotte C'est en 1490 que paraissait, à Valence, le roman du chevalier valencien Jonaot Martorell, Tirant le Blanc. Étrange naissance d'un livre que son auteur, mort en 1465, n'a jamais vu publié, et qu'il avait dû mettre en gage pour cent réaux auprès d'un certain Marti Joan de Galba. Ce dernier, vingt-cinq ans après, fit apposer par l'imprimeur son nom sur l'ouvrage, aux côtés de celui de Matorell. On en déduisit que Galba était intervenu sur le manuscrit mais l'hypothèse, qu'elle soit vrai ou fausse, n'a que peu d'incidence sur le fond de la question. Tirant le Blanc est non seulement le chef-d'ouvre incontesté du Siècle d'or de la littérature catalane, mais encore une création romanesque capitale dans l'histoire de la littérature universelle. Cervantès le premier l'a qualifié de « meilleur livre du monde » et c'est Mario Vargas Llosa qui, dans trois essais réunis sous le titre de En selle avec Tirant le Blanc (éd. Gallimard, 1996), en a magistralement révélé toute l'envergure ; Italo Calvino n'a pas manqué de lui consacrer quelques pages dans Pourquoi faut-il lire les classiques ?. Défis, batailles et cavalcades y alternent avec les joutes amoureuses et érotiques, les combats, physiques ou allégoriques, se faisant toujours au nom de l'honneur et de la vertu. Dans un univers entièrement orienté par l'éthique chevaleresque, peuplé d'arrogants infidèles, de félons, de belliqueux guerriers, de tendres jouvencelles et de subtiles donzelles, Tirant le Blanc, chevalier breton, parcours le monde pour clamer les mérites de sa dame, la princesse Carmésine. Les jeux de l'amour et de la guerre se révèlent du pareil au même, cruels et ennivrants, et vont, d'un rebondissement à l'autre, à un rythme effréné, se déployer dans tous les horizons. Les pays, de l'Angleterre à la Terre Sainte, et de Constantinople à l'Afrique du Nord sont transformés en une immense lice de tournois où les affrontement naissent dans et par les mots. La prose de Martorell fait alterner les styles, joue sur les sous-entendus et les non-dits, plante les décors chatoyants d'un roman de chevalerie tel qu'il n'en fût jamais. Nulle place ici pour le merveilleux, mais le déploiement d'une réalité sensible, la méticuleuse élaboration par la phrase d'un monde plein, résonnant de la musique des dialogues, des chocs des armes, des plaintes des personnages brisés, blessés, déçus ou triomphants. Il est remarquable de voir comment l'épaisseur psychologiques des protagonistes - sous des noms de fantaisie : Diaphébus, Plaisirdemavie, Veuve Éplorée -, au long des pages et des péripéties, parvient à établir une profonde connivence entre le lecteur et le roman. Et c'est ce par quoi Tirant le Blanc achève de surprendre : son extraordinaire modernité. Et comme il faisait très chaud dans la pièce, les fenêtres étant restées longtemps fermées, l'Infante était dans un désordre qui laissait voir sur sa poitrine deux poitrines du paradis comme de cristal, qui captivèrent les yeux de Tirant de telle sorte que ceux-ci ne trouvèrent plus de porte de sortie ; dès lors, ils furent prisonniers au pouvoir d'une personne libre, jusqu'à ce que leur mort à tous deux les séparât. " Le meilleur livre du monde ", comme l'appelait Cervantès, a déclenché un enthousiasme tel qu'à cinq siècles de distance, Mario Vargas Llosa le qualifie encore de " roman total ", à la mesure de La Divine Comédie, de La Guerre et la Paix, ou de Moby Dick. Les aventures du chevalier breton Tirant le Blanc en Angleterre, en Sicile, à Byzance ou en Berbérie tissent un monde où résonnent les cavalcades effrénées, le choc des armes et les plaintes des héros brisés, blessés ou déçus. Dans un univers flamboyant transformé en une immense lice de tournois, où les jeux de l'amour et de la guerre s'entremêlent, des personnages de chair et de sang rivalisent d'honneur et de vertu, et lâchent la bride à leurs passions. La poussière âcre des batailles et les parfums capiteux des lits obscurs, les amours de Tirant et Carmésine et l'espièglerie de l'extraordinaire demoiselle Plaisirdemavie, le verbe puissant de Tirant le Blanc enfin, n'étaient guère accessibles au public francophone qu'à travers l'adaptation de Caylus, datée de 1737. Voici la traduction intégrale du fleuron de la littérature du Siècle d'or catalan.