De cette confrontation entre le ciel et la terre, l'homme-oiseau et le cheval de trait, Matti Yrjänä Joensuu réussit à faire jaillir une sorte de lumière noire. Ses deux précédents romans traduits en français touchaient au coeur, à l'instar de ceux d'un John Harvey, par leur sensibilité psychologique, leur attention à l'épaisseur des silences et à l'intimité des êtres. Celui-ci s'élève au-dessus du simple réalisme, atteint à l'essentiel et touche à l'âme. Comme son surnom l'indique, Titi est un oiseau. Il vole au-dessus des serrures, jusque dans la chambre des inconnues qu'il caresse dans leur sommeil. Harjunpää, lui, est un flic. Lourd comme le crime et la misère, il est las de ramasser les cadavres sur sa route.