On a décidé, en haut lieu, de l'assainissement de la ville et de la destruction du bidonville qui a pour nom Dieu-le-Fit. Ses occupants seront ramenés dans leurs douars d'origine. Commence alors la lente déportation vers un but lointain et inconnu, puisque les habitants de Dieu-le-Fit n'ont jamais eu d'autre foyer que cet habitat provisoire. Et cet exode, conduit par un caporal zélé, maître du temps et des destinées, devient la vivante épopée d'hommes et de femmes habitués à subir, mais porteurs de mémoires, de rêves et de savoirs qu'on ne pourra jamais éradiquer. Fable cruelle et envoútante oü tout est dit d'un régime totalitaire absurde, d'un peuple impuissant et fataliste, englué sous le poids des traditions et de l'arbitraire, qui obéit aux ordres d'une hiérarchie invisible