Pierre Autin-Grenier prend des notes sur un petit carnet quadrillé gainé de cuir noir qui l'accompagne partout. 'Quoi de plus sain, en effet que regarder tranquillement le temps passer sans la moindre prétention à vouloir le rattraper ?' Réflexions à l'emporte-pièce, maximes, sentences et aphorismes, sans raison, sans ordre ni logique s'alignent, se suivent, s'accumulent. Ont échoué sur les carreaux de ce carnet un éléphant triste croisé dans la rue, un touriste japonais trafiquant dans une pharmacie de Knokke-le-Zoute, un gars avec une vespa et des chaussettes vertes, un poème du cancer des bronches, le curé d'Ars. Des portraits, des anecdotes, de brefs moments de la vie esquissés dans la concision. Voilà tout ce qui reste de tangible dans une existence décidément dépourvue d'intérêt.