Pascal, en qui Valéry voyait ' une des plus fortes intelligences qui aient paru ', livre dans les Pensées les voies de l'expérience intime qui le conduisit au dépassement de la connaissance rationnelle. L'incroyant s'effraie de soi-même. Mais sur la ruine de l'indifférence et du divertissement, Pascal invoque les règles du jeu profane. Il faut parier. Chacun n'a rien à risquer, sinon son propre néant. Ce qui se révèle alors, c'est que Dieu est besoin, car la nécessité de la foi se communique par l'aspiration à un ordre oü ' l'homme dépasse l'homme '. A la disproportion et à la misère de l'homme ' flottant ' entre les deux infinis répond la paix des certitudes.